London Calling, 30e épisode

Quelques belles histoires de musique à Londres !

Si nous aimons le « Penny Lane » des Beatles, la « Angie » des Rolling Stones et la  « Layla » d’Eric Clapton, ce n’est pas seulement grâce aux mélodies: c’est aussi parce que les paroles racontent une histoire ou une nostalgie qui nous touche tous. C’est aussi avec les petites histoires que l’ont fait de la grande musique.

Matthew Tucker, un journaliste du Times, raconte dans un très bel article  l’expérience passionnante qu’il a vécu dans une salle du West End de Londres, le Green Carnation. C’est dans ce lieu, raconte-t-il, que se sont retrouvés les participants à un cours d’écriture de chansons. Une certaine Errollyn Wallen en est l’organisatrice. Son idée: tout le monde peut écrire une chanson. Son opinion: une fois écrite, la chanson ne prendra véritablement corps qu’au moment où elle sera jouée devant un public. Courageux, le journaliste accepte d’y participer: il est le premier à monter sur scène. Extraits.

Le public trépigne et je ne pourrais pas être plus embarassé. Je commence plutôt bien mais à la moitié de la chanson, j’entends rire. Visiblement certaines personnes pensent que ma chanson est sensée être drôle. Pire encore, je réalise que quelques notes sont trop hautes pour ma voix, ce dont on ne peut pas se rendre compte bien au chaud dans son salon. Malgré tout, grâce à de petites vocalises, j’obtiens au final des applaudissements bienveillants. Je suis soulagé et surexcité. Je m’offre un verre.

Mais plus qu’une expérience personnelle, l’intérêt de l’article est qu’il souligne la diversité des personnes qui sont venues présenter une chanson ainsi que la bonne ambiance qui se dégage nécessairement de ce genre d’espace où la musique n’est pas manufacturée au kilomètre, mais à l’unité. Une jeune fille étudiant l’homophobie dans le sport, un homme aux cheveux gris qui enflamme la salle avec une chanson racontant une fellation dans une automobile ainsi qu’un certain Johnny B.

(…) un fringant garçon de 57 ans, designer du nord de Londres, qui présente un skiffle intitulé « Formula For Love », aux paroles malicieuses qui se demandent pourquoi il n’existe pas de recette d’amour qui ne provoque pas de maux de coeur. La confiance et la fluidité des performances rendent ma chanson un peu ridicule. Cela me choque encore plus quand Rae Husbandes, une étudiante en musique, arrive sur scène. « Salut tout le monde », sourit-elle. « Je n’ai pas vraiment de nom pour cette chanson parce que je viens juste de l’écrire. Vous pouvez l’appeler comme vous voulez, tant que ce n’est pas « Shit ». »

Pour ceux qui ont envie de tenter leur chance, prochaine session le quinze avril, au même endroit.

Autre histoire, racontée cette fois-ci dans les colonnes du Guardian. Il s’agit de celle qui a lié le photographe David Montgomery, l’auteur, entre autres de la superbe pochette de l’Electric Ladyland de Jimi Hendrix, aux Rolling Stones au début des années 1970. A l’occasion d’une exposition organisée par le fils de Ronnie Wood, le photographe, qui y présentera quelques clichés inédits pris à l’époque de la promotion de l’album Sticky Fingers, raconte sa rencontre avec Mick Jagger.

Dans un mauvais jour, le chanteur était d’une humeur exécrable, refusant de regarder l’objectif. David Montgomery est pourtant à l’époque au fait de sa gloire, il vient de photographier la Reine ainsi que plusieurs ministres. Le contraste raconté est saisissant: d’un côté, Keith Richards en pleine forme, souriant face à l’objectif, en tenue d’Adam et tenant la célèbre pochette de l’album au niveau de ses hanches; de l’autre côté, Mick Jagger, en slip, avec la même pochette mais cachant ses fesses cette fois-ci, et avec un indécrottable regard fatigué.

J’ai toujours adopté la philosophie de faire mon métier du mieux que je pouvais. Je ne vis pas avec les gens qui posent pour moi. De toutes évidences, c’était l’ultra-confiant Jagger qui tenait les rênes du shoot ce soir-là. « Sans doute était-il juste de mauvaise humeur et j’ai simplement eu le malheur d’être le pauvre abruti qui prenait les photos. »

L’exposition de ces clichés inédits se fera jusqu’au 13 juillet à la Scream Gallery.

Terminons par quelques petites histoires, en vrac, qui rentreront peut-être dans l’Histoire du rock. La première est l’initiative du groupe Gang of Four, connus notamment pour le tube Damaged Goods.

Gang of Four, Damaged Goods (chez Jools Holland):

Le groupe de Leeds a décidé de faire financer leur nouvel album en proposant aux fans des échantillons de… leurs propres sangs! Les heureux (et bizarres) acquéreurs de ces échantillons trouveront aussi dans ce petit colis quelques artworks originaux. Et pour 45 livres seulement

La dernière anecdote qui entrera inévitablement dans les catalogues de miscellanées du rock: le guitariste des Kooks a été surpris en pleine action, avec sa compagne sur ses genoux, dans une loge lors de la représentation de Quadrophenia par les Who au Royal Albert Hall. Visiblement éméché, le couple a été reconnu par certains membres du public et, en attirant un peu trop l’attention du public, a aussi attiré celle des vigiles de la salle, qui leur ont demandé de quitter les lieux. C’est vrai qu’un concert des Who, c’est excitant, mais on ne savait pas que c’était à ce point-là.

A la semaine prochaine !

Victor
via@rtbf.be

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