Marcel Cartier, source: http://etudesphotographiques.revues.org/

Le Havre et Rouen depuis le XIXe siècle : une esquisse d’histoire politique comparée, chapitre 7: Théodule Marais et Marcel Cartier

Frise : Les maires du Havre et de Rouen depuis 1800.

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Chronologie comparée des maires du Havre, de Rouen et des régimes politiques nationaux de 1800 à 2012. Droits réservés.

Derrière les noms gravés dans le marbre…

Théodule Marais, Maire du Havre de 1896 à 1904

Eugène Médéric Théodule Marais naît à Yvetot le 8 janvier 1846 au domicile de ses parents : Dominique Marais, bourrelier, 30 ans, et Adèle Lenormand, sans profession, 24 ans. Ses parents s’étaient mariés à Sandouville en septembre 1845.Il suit des études de pharmacie et obtient son diplôme de première classe à l’Ecole Supérieure de Paris.

Il est attaché aux ambulances militaires de Rouen durant la guerre de 1870-1871, avant de s’installer à son compte en 1872, à 26 ans, sur le Boulevard François Premier, au Havre. Il conservera la direction de la pharmacie jusqu’à sa mort. Pour l’anecdote, le fonds de commerce perdure encore bien que l’officine ait été déplacée, après 1945, non loin de là, au 69, rue Augustin Normand.

Le lendemain de ses 35 ans, il est élu au premier tour de scrutin, avec 5031 voix, et devient conseiller municipal. Il entame dès lors une carrière municipale intense, qui se place assez naturellement sous l’influence de Jules Siegfried.

3/08/1881 : élu membre de la Commission administrative des Hospices. Il devient également administrateur du Mont-de-Piété de 1881 à 1888.
30/04/1882 : élu aux fonctions d’adjoint au maire.
04/05/1884 : réélu au Conseil municipal, avec 6897 voix, soit 800 voix de plus que Jules Siegfried. Deux semaines plus tard, il est reconduit dans ses fonctions d’adjoint.

Au cours des années, Marais apprend. Alors que Siegfried quitte son siège de maire en 1886 pour le Parlement, son protégé, lui, ne change pas de cap.

06/05/1888 : réélu au Conseil municipal avec 8835 voix. Le 20 mai, il est à nouveau élu adjoint. On le voit, Théodule Marais a su se rendre indispensable.

Pourtant, le 1er octobre 1890, Paul Marion démissionne pour raisons de santé. Théodule Marais espère prendre son fauteuil à l’occasion des élections qui sont organisées au sein du Conseil mais ses ambitions sont contrariées par Louis Brindeau. Il obtient 16 voix, son adversaire en décroche une de plus. Vexé, Marais laisse le mandat se dérouler. Il devient membre du Comité de patronage de l’école primaire supérieure de garçons en 1890, mais ne se représente pas aux élections de 1892. Il passe quatre ans au sein de sa pharmacie avant de revenir à la vie politique lorsque son vieil adversaire Brindeau se décide enfin à quitter la cité portuaire à la faveur du Parlement. Le 10 mai 1896, il revient au Conseil municipal, avec 6812 voix. La semaine suivante, il est élu Maire.

Son mandat se déroule dans un contexte de grand développement démographique de la ville, qu’il n’est pas inutile de rappeler très brièvement.

1866

1876

1886

1896

1906

60 000

92 000

112 000

119 000

132 000

La population de la ville a doublé au cours des 30 années qui précèdent son mandat. La ville en a fini avec les grandes épidémies, elle est devenue un point incontournable dans le commerce transatlantique, elle bénéficie du rayonnement national des enfants du pays dont Siegfried et Félix Faure sont les hérauts… Bref. Marais bénéficie d’un contexte plutôt favorable (gardons néanmoins à l’esprit l’Affaire Dreyfus qui pollue bien le débat public).

Difficile, pourtant, de trouver des traces laissées par son premier mandat. On trouve quelques traces d’un de son premier adjoint, Denis Guillot, qui fonde la section havraise de la Ligue des Droits de l’Homme et se déclare ouvertement dreyfusard. Cet élu de quartiers ouvriers amène à Marais une légitimité populaire que ce pharmacien de centre-ville n’avait pas véritablement.

Une tempête violente s’abat sur toute l’Europe, mais sur les côtes de la Manche en particulier au cours de décembre 1898-janvier 1899. Mais 1899 est une année aussi agitée dans le domaine social. Avec le développement du port, le développement de la bourgeoisie et l’augmentation de la population, les rues du Havre regorgent de commerces, qui ne sont plus si petits que cela.

Dans un article rédigé tel une enquête, l’historien spécialiste du Havre Jean Legoy explique comment la fin du XIXe siècle est marquée dans la ville par la revendication des employés de commerce de cesser le travail le dimanche, d’abord plutôt à 20h qu’à 22h, puis plutôt à midi qu’à 20h.

C’est pourquoi, lors d’une assemblée générale tenue à l’Hôtel de Ville du Havre, le 20 avril 1899, les employés décident de s’organiser en un syndicat et de faire pression sur les patrons par des moyens légaux. Conseillés par l’avocat Jennequin, fondateur au Havre du groupe de l’Union socialiste affilié au Parti Ouvrier Français, les employés menacent de demander au Conseil municipal le retrait de l’autorisation de faire des étalages sur le trottoir devant les magasins ; comme déclare un orateur « sans étalage, pas de vente… C’est ainsi que les employés de Bordeaux, Lyon et Marseille ont obtenu gain de cause ». Un autre orateur affirme qu’il faut d’abord obtenir la fermeture à midi, étape dans la fermeture de toute la journée.

Si Legoy n’évoque jamais le nom de Théodule Marais, il met en lumière le fait que l’Hôtel de ville accueille les réunions de ces employés. Il ajoute que le Journal du Havre, à l’approche des élections de 1900, se met plutôt du côté des employés, montrant que le quotidien, détenu par les fidèles de Louis Brindeau, en font un sujet politique.

Dans cette affaire, le syndicat créé est particulièrement modéré. C’est une pétition, lancée par le journal du Havre, qui fait avancer les choses jusqu’à une décision du Conseil municipal, le 26 juillet 1899, autorisant « le Maire à prendre un arrêté interdisant « les étalages sur la voie publique au devant des boutiques et magasins … les dimanches et jours fériés à partir de midi ».

Il faudra attendre deux ans après la fin du mandat de Marais pour qu’une loi soit votée. La loi du 10 juillet 1906 stipule:

article 1er : il est interdit d’occuper plus de six jours par semaine un même employé ou ouvrier dans un établissement industriel ou commercial…Le repos hebdomadaire devra avoir une durée minimum de vingt-quatre heures consécutives.
article 2 : le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche.

Legoy poursuit son article en expliquant que l’application de la loi sera complexe, notamment au Havre, où les demandes de dérogation seront nombreuses, mais cela ne concerne déjà plus Théodule Marais. Revenons à son mandat municipal.

Vingt-cinq ans après le drame du Ville-du-Havre (lire ici), Marais voit son mandat marqué par une autre catastrophe maritime de grande ampleur: la Bourgogne, paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique, coule au large de New York faisant 565 victimes et seulement 162 rescapés. Il assurait depuis 1886 la liaison régulièrement entre la Porte Océane et New York. L’émotion est très vive. Le Journal de Rouen relate que le Président de la République a appelé la Compagnie pour lui « exprimer la part qu’il prenait dans cette tragédie ».

Mai 1900. Marais est réélu par le Conseil municipal. Quelques semaines plus tard, une rupture majeure s’effectue, sur le terrain social. Depuis les années 1880 et jusqu’alors, les travailleurs oeuvrant dans le port du Havre se trouvaient représentés par des syndicats de métier: les camionneurs avaient leur propre organe de revendication, les charbonniers en avaient un autre, etc. Cette réalité change, notamment grâce aux succès obtenus par un nouveau type de syndicat, la Confédération générale du travail (CGT). En novembre 1899 naît le Syndicat des ouvriers des Docks et Entrepôts du Havre. Il est ouvert aux différentes catégories de salariés.

Friedhelm Boll explique ce qui se déroule alors:

En août 1900, les travailleurs du port de toutes catégories cessèrent le travail pour protester contre l’utilisation de la police et des troupes pour mater la grève générale des marins. En 1901, les syndicats portuaires havrais contribuèrent à la fondation de la Fédération nationale des travailleurs des ports et docks, en offrant leur local à son premier congrès, et leur dirigeant comme premier secrétaire national du nouvel organisme.

La rupture est consommée, Denis Guillot n’est plus premier adjoint, les ouvriers tournent le dos au paternalisme, doctrine incontournable à l’Hôtel de Ville jusque là. Théodule Marais continue, jusqu’à la fin de son mandat, à lutter contre les épidémies. L’image de la ville est marquée par son ouverture au monde, aux marins et donc à des maladies inconnues et dangereuses. La thèse de médecine de Joseph Richard, citée par David D Barnes, affirme par exemple que « Le Havre occupe la première place de toutes les villes françaises quant à la l’insalubrité. La phtisie est, au Havre, perpétuellement endémique ». Marais répondra que jamais la ville ne s’est mieux portée, grâce à l’action des Bureaux d’Hygiène, notamment.

En mars 1902, le docteur Joseph Fauvel lui remet les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur.

En mai 1904, Marais siège une dernière fois au Conseil municipal. Il ouvre la séance et laisse le doyen d’âge la présider pour procéder à l’élection de son successeur, Théodore Maillard.

En 1905, Marais est élu conseiller général du 2e canton de Seine-Inférieure. Malade, il décède le 29 avril 1907.

Marcel Cartier, Maire de Rouen de 1898 à 1902

Marcel Cartier naît le 2 juillet 1861 à Rouen. Ses parents, Emile et Joséphine, habitent au 3, avenue de Seine. Ils s’étaient mariés en mai 1859 à Brionne, dans l’Eure. Il a un frère, Robert, et une soeur, Hedwige. Emile Cartier est marchand de fers. Les affaires familiales marchent bien.

Marcel entre à sa suite dans le commerce des métaux. Il s’associe avec un certain Paul Eliot au sein d’une société anonyme « La Société des Fers et Métaux ». Parallèlement, Cartier devient propriétaire de la Dépêche de Rouen et de Normandie. C’est dans ce journal, concurrent direct du Journal de Rouen, que le philosophe Alain publiera ses Propos.

En 1892, Marcel Cartier entre en politique, il reçoit le soutien du Comité central démocratique et du Comité républicain. En mai, il est élu le 12e sur la liste de concentration républicaine (N’hésitez pas à lire le chapitre précédent, consacré à Théophile Laurent, pour mieux comprendre la vie politique régionale à l’époque). Le 29 décembre 1893, il devient le 5e adjoint de Théophile Laurent. Il fait ses classes en politique alors que se prépare l’Exposition coloniale à Rouen.

Marcel Cartier, source: http://etudesphotographiques.revues.org/
Marcel Cartier, source: http://etudesphotographiques.revues.org/

La carrière politique de Cartier prend une autre dimension en 1896: il est en effet réélu premier de la liste républicaine le 3 mai. 7 701 voix sur 12 213 votants. Le 15 mai, il est nommé premier adjoint.

Le 16 mai, alors que Théophile Laurent est retenu par un deuil, c’est Cartier qui prononce un discours de bienvenue au Président Félix Faure, aux ministres et parlementaires venus à Rouen pour visiter l’Exposition. Son discours est chaleureusement applaudi.

Au mois d’août, Faure reviendra à Rouen et en profitera pour remettre les Palmes académiques au premier adjoint. Dès lors, Marcel Cartier incarne aux yeux de tous un futur maire potentiel: ayant réussi dans les affaires, investi de la légitimé des urnes et salué par les plus hautes instances nationales.

En janvier 1898, l’Affaire Dreyfus fait bouillir les tensions. Des manifestations ont lieu partout en France. En l’absence de Laurent, c’est Cartier qui adresse à la population rouennaise un appel au calme. En mai, Théophile Laurent démissionne (voir chapitre précédent) dans des conditions difficiles. C’est Cartier qui, naturellement, exerce l’intérim, jusqu’à son élection par le Conseil municipal le 1er juillet.

Au cours de son discours, Marcel Cartier salue son prédécesseur et insiste, comme Théophile Laurent l’avait fait, que les finances publiques ne permettent pas une marge de manoeuvre suffisante pour se lancer, à mi-mandat, dans des grands projets:

Aujourd’hui, messieurs, nous n’avons plus devant nous que la moitié de notre existence municipale: sachons en tirer le meilleur parti possible.

Reconnaissons tout d’abord que les principales questions nées dans l’ancien conseil ou soulevées par nous-mêmes (questions d’assainissement, d’annexions, d’assistance et de travaux d’édilité) s’enchaînent d’une manière étroite avec l’état de nos finances.

Comme lors du choix de Théophile Laurent, la fanfare municipale est venue saluer le nouveau maire en jouant sous les fenêtres de son domicile.

1898, c’est l’année de l’édification du pont transbordeur, le premier en France et, jusqu’en 1940, date de sa destruction, le dernier pont avant l’estuaire de la Seine.

Source: Rouenenimages.blogspot.fr

Le 6 mai 1900, Cartier est réélu, premier, à nouveau, avec 8382 voix sur 14 712 votants. Il est au sommet de sa carrière politique. Et pourtant, le Journal de Rouen qui, jusque là, n’avait pas cherché à se mettre à dos le premier magistrat de la ville, s’empresse d’accuser Cartier d’avoir pactisé avec les « collectivistes ». Du coup, le quotidien naguère prompt à saluer l’ambiance bon-enfant de la fanfare sous les fenêtres, relate l’événement d’une façon bien différente, le 8 mai 1900:

La Musique municipale est venue hier, à neuf heures, donner un concert devant le domicile particulier de M. le maire de Rouen, rue de la République.

Pendant le concert, M. le maire se trouvait sur son balcon, ayant auprès de lui plusieurs de ses amis, parmi lesquels MM. Ridel et Ribes.

Des cris de : « Vive Cartier ! Vive la République ! Vive la Sociale ! » ont été poussés.

Le 18 mai, le Conseil municipal lui confie à nouveau le fauteuil de maire. Son mandat sera à nouveau marqué par la volonté de s’inscrire dans une ligne de « bienfaisance » envers les milieux populaires, ce qui participe à l’explication du rapprochement avec une gauche socialiste. Cartier a été Président des commissions administratives des Hospices, du Bureau de Bienfaisance, des Conseils d’administrations de la Caisse d’Epargne, du Mont-de-Piété, de la Caisse des écoles communales et Président-fondateur de l’Oeuvre des Vieux-vêtements.

Le premier août 1901, Cartier est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. C’est le député Louis Ricard qui lui remet ses insignes.

Pendant son mandat se pose la question de la laïcisation des hôpitaux, la séparation des églises et de l’Etat n’étant pas encore votée. Marcel Cartier se révèle franchement anti-clérical, à cette occasion comme à d’autres. Certains considèrent que ce sera l’une des principales causes des tensions entre les Rouennais et son équipe municipale.

Le 28 avril 1902, Louis Ricard, son mentor, est battu aux élections législatives. Cartier démissionne le 29 avril. Voici la communication qui est adressée au Journal de Rouen:

(…) Aux élections municipales du mois de mai 1900, nous nous sommes présentés avec un programme d’action et de défense républicaine. Ce programme a été approuvé par une majorité considérable. Nos déclarations, confirmées depuis lors par nos actes, ne pouvaient laisser et n’ont effectivement laissé aucun doute sur nos sentiments politiques (…).

Maintenant, la situation se trouve renversée. A la suite d’une lutte où des intérêts divers ont été en jeu, le corps électoral de Rouen a choisi comme député de la 1ère circonscription M. Borgnet, l’un des conseillers municipaux qui se sont prononcés contre la loi sur les associations, l’un des rares conseillers qui ont refusé à la démocratie rouennaise les satisfactions les plus légitimes.

Il a été élu, pour représenter le 5e canton de la ville, M. le comte de Pomereu, candidat ouvertement dévoué à la monarchie.

Par suite de cette double élection, due aux efforts combinés du Journal de Rouen et du Nouvelliste, l’administration municipale ne possède plus auprès du gouvernement d’aujourd’hui ni auprès du gouvernement de demain l’autorité nécessaire pour défendre les grands intérêts de la ville de Rouen.

En conséquence, le maire et les adjoints soussignés viennent de remettre à M. le Préfet leur démission de membres du Conseil municipal. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur l’assurance de notre considération la plus distinguée.

M. Cartier , H. Bourgeon, H. Baumann, G. Louvet, A. Garreta

A l’annonce de son décès, le Journal de Rouen annonce le strict minimum, ajoutant simplement: « sa droiture et son désintéressement lui avait valu l’estime de ses adversaires politiques ».

Aujourd’hui, une école porte le nom de Marcel Cartier, sur la rive gauche de Rouen.

Sources:

  • BARNES David, The Making of a Social Disease: Tuberculosis in Nineteenth-century France, University of California Press, 1995.
  • BOLL Friedhelm & alii, L’Invention des syndicalismes: le syndicalisme en Europe occidentale à la fin du XIXe siècle, Volume 53 de Publications de la Sorbonne, 1997.
  • GUINCÊTRE Pierre. Pharmaciens éponymes (suite). In: Revue d’histoire de la pharmacie, 71e année, N. 259, 1983. p. 317. Consulté ici.
  • LEGOY Jean. Au Havre, la lutte des employés de magasins pour le repos hebdomadaire. In: Annales de Normandie, 47e année n°2, 1997. Législation du travail et rapports sociaux. pp. 133-145. Consulté ici.
  • LEGOY Jean, Le Peuple du Havre et son histoire: du négoce à l’industrie, Volume 3, EDIP, 1984.
  • MAREC Yannick, Vers une République sociale ? Un itinéraire d’historien: Culture politique, patrimoine et protection sociale aux XIXe et XXe siècles
    Histoire & patrimoines, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2009.
  • MURARD Lion, ZYLBERMAN Patrick. Experts et notables. Les bureaux municipaux d’hygiène en France (1879-1914). In: Genèses, 10, 1993. Municipalismes. pp. 53-73. Consulté ici.
  • PESSIOT G., Histoire de Rouen en 500 photographies, 1850-1900, Rouen, 1981.
  • Pages Wikipedia « Liste des Maires du Havre » et « Liste des Maires de Rouen»  et quelques autres…
  • Sites internet:

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