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Félix Faure et Théophile Laurent (source: http://etudesphotographiques.revues.org)

Le Havre et Rouen depuis le XIXe siècle : une esquisse d’histoire politique comparée, chapitre 6: Louis Brindeau et Théophile Laurent

Frise : Les maires du Havre et de Rouen depuis 1800.

Derrière les noms gravés dans le marbre…

 Louis Brindeau, Maire du Havre de 1890 à 1896

 Louis Henry Eugène Brindeau naît le 21 décembre 1856 à Goderville, une ville entre Fécamp et Le Havre. Treize ans plus tôt, son grand père, Henri, avait acheté le Journal du Havre et en avait fait le quotidien de référence pour les républicains modérés. Les deux fils d’Henri jouent un rôle actif dans la ville portuaire : Gustave, le père de Louis est courtier en coton et s’assoie à plusieurs reprises à la table du Conseil municipal, Alphée, l’oncle de Louis, succède à son père à la tête du Journal du Havre.

Du côté de sa mère, Juliette Elisa Mazeline, Louis Brindeau descend d’un grand industriel havrais, spécialisé dans les machines marines, François Mazeline. Louis a une sœur, plus jeune que lui de deux ans. Brindeau étudie sérieusement au collège et au lycée du Havre, dont il deviendra le Président de l’association des anciens élèves. En 1875, il s’acquitte de son service militaire chez les chasseurs à pied à Rouen puis dans le 6e bataillon de chasseurs à Paris.

Il ne se lance étonnamment pas dans le commerce mais dans des études de droit à Paris, avant de s’inscrire comme avocat au barreau du Havre.

Dès 1886, il est à la fois juge suppléant au tribunal de première instance et conseiller municipal républicain, et le second poste prend rapidement plus d’importance que le premier.

En 1890, Paul Marion démissionne pour raison de santé. Celui-ci n’était d’ailleurs pas particulièrement enthousiaste à l’idée de diriger la ville, comme semble l’indiquer le ton très modeste et collégial de son discours de remerciement lors de son élection par le conseil municipal à 29 voix sur 31.

Brindeau, de son côté, est largement plus ambitieux. Il parvient à prendre la tête de la ville contre un radical, Théodule Marais, à 17 voix contre 16 et un bulletin blanc, le 9 novembre 1890.

Louis Brindeau, source: Senat.fr

Sous son mandat, le bureau de bienfaisance, créé par Siegfried (voir chapitre précédent), est laïcisé. L’année 1892, au cours de laquelle Brindeau est réélu maire, lui donne une occasion de montrer ses talents de meneur d’hommes : une cinquième et dernière épidémie de choléra s’abat sur la France entière. La ville, qui accueille bon nombre de nationalités à longueur de journées, pleurera plus d’un demi-millier de morts à la fin de l’année. Le comportement du maire est exemplaire : il sera fait chevalier de la Légion d’Honneur.

Autre moment fort de sa mandature à la tête de la ville : l’électrification du réseau de tramways et du réseau d’éclairage urbain.

Brindeau gouverne la ville alors que règne un climat délétère dans la vie politique nationale : Affaire Dreyfus, scandale de Panamá, attentats anarchistes, « lois scélérates » contre les groupes anarchistes auxquelles répondent d’autres attentats anarchistes : cette escalade atteint le sommet avec l’assassinat du Président de la République Sadi-Carnot, en 1894. Jean Casimir-Périer lui succède, puis c’est au tour l’année suivante de Félix Faure, dont la carrière a pris une ampleur colossale depuis qu’il avait affronté Jules Siegfried pour le gain de la ville du Havre.

Devenu Président de la République en 1895, Faure libère un siège de député du Havre. L’occasion est trop belle pour Brindeau qui parvient à se faire élire et quitte ses fonctions de maire du Havre en 1896. Son rival de naguère, le pharmacien Théodule Marais s’assied dans son fauteuil le 18 mai 1896.

Brindeau s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs havrais arrivant au Palais-Bourbon : Républicain progressiste, il s’intéresse d’abord aux affaires commerciales, maritimes et fluviales. Il intervient en 1897 à propos de l’amélioration des rivières et des ports maritimes, à propos du service maritime postal entre le Havre et New-York en 1898. Il est réélu en mai 1898 et continue de se faire entendre sur les mêmes sujets : les primes à la marine marchande l’amélioration et l’extension des ports, le canal maritime de Paris à Rouen, le port du Havre…

L’année de sa réélection, 1898, est aussi celle de publication du « J’accuse ! » de Zola, à propos de l’Affaire Dreyfus. Depuis 1895, Dreyfus est détenu sur l’Île du Salut, en Guyane. Le climat politique national est extrêmement tendu. En 1899, Félix Faure meurt dans les conditions que tous connaissent ou peuvent connaître ici). Le nationaliste Paul Déroulède tente un coup d’Etat pendant les obsèques nationales du Président. Au mois de juin, le nouveau Président, Emile Loubet, est frappé d’un coup de canne par un anti-dreyfusard. Le Président du Conseil, René Waldeck-Rousseau, est investi par 262 vois contre 237 et 62 abstentions, à la tête d’un gouvernement de « Défense républicaine » qui va durer jusqu’au 3 juin 1902. Brindeau fait partie de ceux qui s’opposent à ce Gouvernement.

En 1900, soucieux d’assurer la pérennité de sa carrière politique nationale et des affaires familiales, il prend la tête du Journal du Havre.

Il est à nouveau élu en avril 1902. Il se fait entendre sur les questions d’aménagement territorial. Il est notamment chargé d’un rapport relatif à l’équipement du port du Havre par la construction d’une écluse entre le bassin Billot et le Canal de Tancarville, en 1904.

Devenu le candidat indétrônable de la droite havraise, Louis Brindeau est réélu en 1906 et 1910 contre André Siegfried, le fils de Jules… Siegfried. Il prône la construction d’une seconde ligne de chemin de fer sur la rive droite de la Seine, la réforme du régime administratif des ports maritimes.

Seize ans après son entrée à la Chambre des députés, une élection sénatoriale se tient en Seine-Inférieure après le décès soudain de Raoul Ancel, le frère de Jules… Ancel. La vie politique havraise ressemble franchement à une sitcom américaine. A une exception près : une fois que Brindeau est arrivé à un poste, il est le seul à pouvoir s’en déloger. Il sera réélu au Sénat en 1920 et 1927.

Louis Brindeau arrive donc au Sénat en 1912, au sein de l’Union Républicaine. Il continue de s’intéresser aux colonies françaises, aux moyens d’améliorer la navigabilité des cours d’eau et s’investit beaucoup pour l’autonomie des ports : il rédige de nombreux rapports, comme rapporté par Jean Jolly, « sur des projets ou propositions de loi concernant l’autonomie des ports maritimes de commerce (1920) ; l’exploitation des services maritimes postaux et d’intérêt général sur l’Extrême-Orient, l’Australie, la Nouvelle-Calédonie, la Côte orientale d’Afrique et la Méditerranée orientale (1921) ; les décorations sans traitements destinées aux réserves de l’armée de mer et au personnel de la marine marchande (1922) ; l’exploitation du service maritime postal entre Le Havre et New York (1924) ; l’institution du mérite maritime (1927) ; la réorganisation des services d’assurance des marins français contre la vieillesse, le décès, et les risques d’accidents de leur profession (1929) ; la navigation côtière (1930) ; l’aménagement de l’estuaire de la Seine (1931) ; l’aide de l’Etat à la compagnie-générale transatlantique (1932) ; l’abordage en navigation intérieure (1934) ». Il a alors 78 ans.

Lorsqu’arrive le renouvellement sénatorial de 1936, Louis Brindeau a 80 ans. Il ne se représente pas et meurt en août à Goderville, dans le Château de Cretot.

Théophile Laurent, Maire de Rouen de 1894 à 1898

 Théophile Augustin Ferdinand Laurent naît le 22 mars 1847 à Argentan, dans l’Orne. Son père, instituteur, meurt alors que Théophile n’a pas encore 6 ans et que son petit frère, Ferdinand, n’a que quelques mois. Il suit des études de droit, comme son homologue havrais, et devient avoué honoraire à Rouen. Il réside alors au 31, place des Carmes puis au 34, rue Ganterie. Son étude prend progressivement une importance majeure en ville.

En décembre 1867, il épouse Laurentine Védie. La malheureuse mourra en 1879. Laurent se remariera le 31 janvier 1883 avec Marie Perret.

Le Journal de Rouen, dans la nécrologie qu’il publiera, explique l’ascension de ce « self made-man ».

Ardent, communicatif, d’une rondeur joviale qui plaisait et lui faisait des amis dans tous les milieux, Théophile Laurent ne tarda pas a être en relation avec de nombreuses sociétés locales. Il fut notamment l’un des fondateurs de la section rouennaise de la Ligue des patriotes; et le principal organisateur du « Carrousel » de 1886, au profit de l’érection d’un monument national à Jeanne d’Arc.

En août 1888, sous le mandat de Charles Dieutre, Laurent siège pour la première fois au Conseil municipal. Il devient adjoint de Valerius Leteurtre en mai 1890 jusqu’à ce que celui-ci ne soit élu à la Chambre des Députés.

Le 29 décembre 1893, le conseil municipal de Rouen se réunit à 21h, présidé par le doyen d’âge. 34 bulletins sont déposés dans l’urne. 4 sont blancs. 30 portent le nom de Théophile Laurent.

Au cours de son discours de remerciement, le nouveau maire laisse comprendre qu’il tient à s’inscrire dans la ligne politique de ses prédécesseurs:

Vos suffrages, explique-t-il, viennent de m’imposer le lourd fardeau que [M. Leteurtre] portait si allègrement. Aurai-je la force nécessaire ? Le courage ne me manquera pas ; mais, si je n’avais la certitude d’être soutenu par vous tous, j’aurais hésité devant pareille tâche. (…) M. Leteurtre, messieurs, que nous regrettons comme maire, est aujourd’hui député de l’arrondissement et d’un canton important de Rouen ; avec le député de Rouen proprement dit, M. Ricard, nous avons à la Chambre deux représentants de nos intérêts les plus directs. Nous avons même la bonne fortune de posséder dans le gouvernement un autre ancien maire de Rouen. Comme MM. Ricard et Leteurtre, M. [Maurice] Lebon [maire entre février 1886 et mai 1888] ne manquera pas de nous donner son appui en toute occasion.

Je n’ai pas besoin de vous dire, messieurs, que je suivrai les traces de mon prédécesseur qui excellait en matière d’économie et d’équilibre budgétaires.

Théophile Laurent, source: rouen-histoire.com

Au programme de son mandat : rigueur budgétaire, raccordement des deux gares de Rouen, poursuite de l’assainissement… Laurent livre même la devise de son mandat : « économie, travail et progrès incessant ».

Le Journal de Rouen rapporte qu’en fin de séance, les débats furent interrompus par les premières mesures de la Marseillaise, jouées depuis le parvis de l’Hôtel-de-Ville par la Société philharmonique rouennaise, dont M. Laurent était Président d’honneur.

Nous sommes donc à la fin de 1893. L’épidémie cholérique de 1892 a laissé des traces à Rouen comme au Havre. La capitale normande vient juste de généraliser les poubelles, nées 10 ans auparavant dans l’esprit d’Eugène Poubelle, Préfet de la Seine.

En 1894, le Maire de Rouen permet la construction d’un Cirque permanent boulevard Beauvoisine et les premières études pour le raccordement des deux gares sont lancées. La gestion rigoureuse du budget semble payer rapidement puisque l’administration découvre au mois de novembre une cagnotte d’un demi-million de francs, disponible immédiatement, qui ne sera payable « qu’en 1943 ». Le Journal de Rouen ajoute « mais comme à cette époque là, la dette se trouvera éteinte, la charge ne sera pas lourde. » L’affectation de cette somme permet d’avoir une idée des priorités de l’administration en place.

A l’agrandissement du Lycée Corneille, pour des travaux prévus : 206 000 frs.

A la construction d’une annexe à l’Hôtel-de-Ville, qui comporterait une salle des séances du conseil municipal et un poste central de secours contre les incendies : 179 000 frs.

A la reconstruction de l’école Laurent de Bimorel, supplément de crédit : 69 000 frs.

A l’agrandissement de l’école de médecine et de pharmacie : 25 000 frs.

A l’agrandissement du Muséum : 10 000 frs.

Imprévu des travaux : 12 000 frs.

 Au mois de juillet 1894 se tient entre Paris et Rouen la première course automobile. Vapeur contre pétrole. Le résultat est une des dernières belles victoires de la vapeur : Albert de Dion et Georges Bouton l’emportent avec un tracteur à vapeur tractant une calèche, qui parcourt les 126 km à une moyenne de 15 km/h. Derrière eux, deux véhicules à pétrole fabriqués par la famille Peugeot.

En 1895, Laurent suit l’exemple havrais en électrifiant le réseau de tramways. La même année voit le premier déplacement du Président Félix Faure en Normandie, et à Rouen tout particulièrement où il est reçu avec faste. « Nous tiendrons à ce qu’il emporte, explique Théophile Laurent à la population, de son séjour parmi nous, un tel souvenir qu’il lui sera, de nouveau, agréable de revenir à Rouen, lors de notre belle Exposition nationale et coloniale. » Les Rouennais se montrent tellement à la hauteur des attentes de la Municipalité que Faure, ému, déclare « Que vont dire mes braves Havrais ? »

F. Faure et les autorités à la gare. Retour Russie. Source : Didier Mouchel http://etudesphotographiques.revues.org/index271.html
F. Faure, Hendlé préfet, Laurent maire, causant. Source : Didier Mouchel http://etudesphotographiques.revues.org/index271.html

Le grand rendez-vous de Théophile Laurent avec l’Histoire demeure l’incroyable Exposition nationale et coloniale de 1896. Le portail de la Cathédrale est recouvert de tapisseries, comme le voulait l’usage lors des premiers siècles. Quant au parvis, il fut maquillé habillement de plâtre et de ferronnerie, imitant ainsi le « Vieux Rouen » moyenâgeux. La Tour Eiffel n’est érigée que depuis 7 ans lorsque est inaugurée l’Exposition rouennaise… La ville décide de jouer dans la cour des grands. Pendant 5 mois, 60 000 m² sont dédiés à des conférences et reconstitutions diverses, notamment un abominable « Village nègre », dans lequel plusieurs familles sénégalaises et soudanaises tentent de faire semblant de vivre normalement dans un décor de carton-pâte. N’empêche. Théophile Laurent reçoit grâce à ces longs mois d’événements, la Légion d’Honneur. Le décor de l’Exposition, lui, est éparpillé à travers la Normandie et au-delà.

1898 est l’année où la sympathie naturelle de Laurent ne lui suffit plus et où l’aura conférée par le succès de l’Exposition ne le protège plus. Maurice Lebon, que nous évoquions plus haut, ne se représente pas. Laurent se présente pour remplacer l’ancien maire de Rouen au Palais-Bourbon. Un comité valide sa candidature, mais le candidat local, le républicain modéré Quillebeuf, refuse ce qu’il voit comme un parachutage. Il est battu aux législatives de mai 1898 et de beaucoup, puisqu’il n’obtient que 3366 voix alors que son adversaire en compte 6814 et est donc élu dès le premier tour. Sa défaite participe d’un recul global des républicains à Rouen, puisque Leteurtre, mis en ballotage, se retire dès le lendemain du premier tour, pour éviter le camouflet. Quillebeuf, de son côté, publie un mot de remerciement expliquant que sa candidature voulait protester contre celle, imposée, de M. Laurent. Nous avons rappelé plus haut quel était le ton de la politique nationale en cette fin de XIXe siècle. La campagne rouennaise a été elle aussi particulièrement tendue. Revenons-y quelque peu, car elle n’est pas incomparable avec des scénarios qui se présentent régulièrement encore.

Le 13 mai, lors du Conseil municipal auquel il ne siège pas, Laurent fait lire une communication dans laquelle il nomme plusieurs personnalités afin d’enquêter sur les critiques qui lui sont adressées. Le 15, un appel à témoignages est publié dans le Journal de Rouen, afin que les rumeurs et attaques deviennent (ou ne deviennent pas) un dossier clair et sur lequel chacun pourra argumenter. Seules les communications anonymes ne seront pas prises en compte, annonce-t-on.

Le 26 mai, le jury spécialement créé donne ses conclusions.

Considérant que pendant le délai accordé pour faire connaître les griefs dont M. Laurent pouvait être l’objet, le jury n’a reçu qu’une seule communication visant M. Laurent, maure de Rouen ;

Considérant que le fait sur lequel repose cette communication ne pourrait entacher l’honneur de M. Laurent puisque M. Laurent n’en aurait tiré, ni pu tirer aucune espèce de profit personnel, direct ou indirect, pécuniaire ou autre ; (…)

Considérant que M. Laurent a de plus offert spontanément et fourni au jury des extraits de ses livres et donné sur l’état de sa fortune personnelle tous les renseignements qui lui ont été demandés ;

En conséquence, les membres du jury d’honneur, à l’unanimité, décident :

1° que le seul fait précis qui leur ait été signalé est sans aucune espèce de portée ;

2° que la comptabilité personnelle de M. Laurent n’offre aucune mention suspecte ;

3° que l’absence de toute révélation sur les faits de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de M. Laurent, malgré les garanties d’immunité et de secret assurées aux révélateurs (…) les autorise à déclarer qu’en ce qui les concerne personnellement, ils considèrent les imputations de M. Laurent a été l’objet comme étant dénuées de tout fondement et purement diffamatoires.

Apprenant ces conclusions, Théophile Laurent informe le Préfet de sa démission du poste de Maire et quitte le conseil municipal. Sa vie politique s’arrêtera là.

Sa nécrologie, publiée le 4 septembre 1906, au lendemain de sa mort au Havre, indique que « un fossé s’était creusé entre lui et ses amis progressistes » suite à l’Affaire des Fiches Guyot de Villeneuve (un scandale intimement lié à l’Affaire Dreyfus où se mêlent anti-cléricalisme, anti-maçonnisme et luttes politiques traditionnelles). Si de bonnes âmes en savent davantage à ce sujet, je suis plus qu’intéressé.

La sépulture de Théophile Laurent est visible au Cimetière monumental de Rouen.

Sources:

  • CHALINE J-P., SOHN A-M., ARADILLOU P., Dictionnaire des parlementaires de Haute-Normandie sous la Troisième République,: 1871-1940, Rouen, 2000.
  • JOLLY J. (dir), Dictionnaire des parlementaires français; notices biographiques sur les ministres, députés et sénateurs français de 1889 à 1940, Paris, 1960-1977.
  • PESSIOT G., Histoire de Rouen en 500 photographies, 1850-1900, Rouen, 1981.
  • ROBERT A., BOURLOTON E. & COUGNY G, Dictionnaire des parlementaires français… : depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, Paris, 1891. Ouvrage consultable sur le portail Gallica.
  • VALOYS H., Voyages présidentiels de M. Félix Faure. I. Sathonay. II. Rouen et Le Havre, Paris, 1895. Ouvrage consultable sur le portail Gallica.
  • Pages Wikipedia « Liste des Maires du Havre » et « Liste des Maires de Rouen»  et quelques autres…
  • Sites internet:

Des soldats prussiens dans un laboratoire photo rouennais, en 1870 (Cliquez pour accéder à la source).

Le Havre et Rouen depuis le XIXe siècle : une esquisse d’histoire politique comparée, chapitre quatre: les premiers républicains, Guillemard et Nétien

Frise : Les maires du Havre et de Rouen depuis 1800.

Voir la frise
Chronologie comparée des maires du Havre, de Rouen et des régimes politiques nationaux de 1800 à 2012. Droits réservés.

Derrière les noms gravés dans le marbre…

Ulysse Guillemard, Maire du Havre de 1870 à 1874 puis en 1878.

Ulysse Guillemard naît en septembre 1801 à Cambremer, dans le Calvados. Son père y est apothicaire. Son frère, Antoine, deviendra magistrat.

La principale description qu’on ait d’Ulysse Guillemard date de la fin de sa vie et elle provient de la plume d’André Siegfried, le fils de son successeur, Jules Siegfried:

Le père Guillemard était un vieillard aux longs cheveux blancs, appartenant au type le plus authentique des vieilles barbes : il avait été, en 1848, commissaire du gouvernement provisoire à Bolbec ; idéaliste, romantique et grandiloquent, il représentait la plus pure tradition républicaine, portant beau du reste, affectionnant le frac bleu barbeau, le pantalon clair, les guêtres blanches, s’appuyant sur une canne à pommeau d’or. J’ai toujours eu de la peine à comprendre que mon père l’ait reconnu comme leader, un leader qu’il respecta du reste loyalement jusqu’à sa mort, quand il lui succéda comme maire en 1878.

– SIEGFRIED, André, Mes souvenirs de la troisième République : mon père et son temps. Jules Siegfried 1836-1922, Editions du Grand Siècle, Paris, 1946

Parmi les autres sources biographiques, le Journal des Débats politiques et littéraires du 18 septembre 1878 contenait une courte nécrologie d’Ulysse Guillemard, ainsi libellée :

M. Ulysse Guillemard était né à Cambremer (Calvados) le 10 septembre 1801. Il avait pris part au mouvement républicain de 1848 et s’était fait remarquer par son patriotisme éclairé. Sous-préfet d’Yvetot en 1849, puis maire du Havre en septembre 1870, il remplit ces dernières fonctions jusqu’au 17 février 1874. Après le 24 mai, le ministère de Broglie se hâta de récompenser le dévouement que M. Guillemard avait montré pendant les jours difficiles de l’invasion et de la Commune. Il fut destitué ainsi que ses quatre adjoints. M. Guillemard avait été nommé une seconde fois maire du Havre le 28janvier 1878, et c’est dans l’accomplissement des devoirs de sa charge que la mort est venue l’enlever à l’estime et à l’affection de ses concitoyens.

Le pavillon national a été mis en berne avant-hier, en signe de deuil, à l’Hôtel-de-Ville du Havre, ainsi que sur les principaux édifices et les navires de nationalité française ancrés dans le port.

Journal des débats politiques et littéraires, daté du mercredi 18 septembre 1878.

En 1870, lorsqu’Ulysse Guillemard devient maire, il doit affronter aux élections un jeune loup de la politique âgé seulement de 29 ans, Félix Faure. Ce dernier parviendra à intégrer le conseil municipal quelques mois plus tard et bien plus tard, accédera à la magistrature suprême : la Présidence de la République, entre 1895 et 1899.

Il est difficile de trouver des informations sur le contenu du mandat de cet homme qui semble plutôt discret et austère.

On peut en tous cas citer plusieurs événements qui se sont déroulés sous son mandat. En 1872, c’est la création du Havre Athletic Club, le premier club de football professionnel français, mais c’est aussi la toile Impression Soleil Levant de Claude Monet, qui fut très probablement peinte au Havre et sinon très inspirée par son port.

En 1873, le Maire doit faire face à une catastrophe maritime : le naufrage du Ville-du-Havre, un navire qui fut transpercé en pleine tempête par un trois-mâts et qui coula en moins de 10 minutes, emportant au fond de l’Atlantique près de 226 victimes. Félix Faure, déjà adjoint au Maire, fut également en première ligne pour gérer les conséquences de ce drame. Un article passionnant explique d’ailleurs l’histoire du Ville-du-Havre.

En 1874, le Havre bénéficiait d’un nouveau système de transport : des tramways tirés par des chevaux.

Le 18 février 1874, le Journal du Havre fait part des nominations du Président de la République à la Mairie sous ces termes:

Le municipalité du Havre est remplacée tout entière par une municipalité nouvelle, dont aucun des membres n’appartient au conseil municipal.

M. Bigot de la Robillardière, lieutenant de vaisseau en retraite, succède à M. Guillemard, comme Maire; MM. Toussaint, Brument, Ravot, Pochet, succèdent à MM. Faure, Siegfried, Brindeau et Brulé, comme adjoints. (…)

La lettre suivante, couverte d’un très grand nombre de signatures, a été adressée à M. Guillemard et aux quatre adjoints relevés de leurs fonctions:

A M. Guillemard, maire de la ville du Havre, MM. Siegfried, Faure, Brindeau et Brulé, adjoints.

Messieurs,

En présence du décret qui vous révoque des fonctions municipales, dont vous avait investi, depuis 1870, la confiance de vos concitoyens,

Nous, soussignés, électeurs de la ville du Havre, ne pouvant oublier quels services vous avez rendus à notre cité pendant tout le temps que vous avez géré ses intérêts, et cela au milieu des circonstances les plus difficiles et les plus douloureuses, nous nous empressons de vous exprimer notre sincère reconnaissance et nos profonds regrets de vous voir si brusquement séparés de nous.

Nous prions M. Guillemard, notre vénérable maire, d’accepter, comme témoignage de la gratitude que nous vous avons vouée, le buste de M. Thiers, ce grand citoyen à qui nous devons la pacification et la libération de notre pays.

M. Guillemard reste pendant quelques années en retrait de la vie politique. Au début de l’année 1878, il est une nouvelle fois nommé à la Mairie. Le malheureux n’a pas loisir de s’en féliciter: il perd sa femme quelques heures avant sa nomination. De plus, il a 78 ans, il est déjà malade à un point tel qu’il ne peut même pas se rendre aux funérailles de son épouse, malgré une affluence très importante, comme le relate le Journal de Rouen le 29 janvier 1878.

De fait, malgré son combat contre la maladie, M. Guillemard meurt en septembre. Au lendemain de son décès le Journal du Havre explique:

Ce n’est point l’heure de parler longuement sur cette tombe qui s’ouvre, ni de dire encore quel fut cet homme qui a été porté, par deux fois, par l’acclamation publique, on peut le dire, à la mairie du Havre. Bornons-nous à dire, à cette heure suprême, que M. Guillemard emporte les regrets et l’estime de tous ici; à quelque parti qu’on appartienne, en effet, on ne pouvait s’empêcher de rendre justice à sa loyale bonne volonté et à sa droiture. Après avoir été violemment contesté et attaqué, de certains côtés, il avait fini par s’imposer, et chacun l’acceptait comme un bon et honnête homme, dont la droiture désarme ses adversaires eux-mêmes.

– Le Journal du Havre, 14 septembre 1878.

Néanmoins, Ulysse Guillemard sera probablement commémoré principalement pour avoir fait partie de ceux qui ont permis au Havre d’éviter une occupation prussienne aussi présente qu’à Rouen.

Des soldats prussiens dans un laboratoire photo rouennais, en 1870 (Cliquez pour accéder à la source).

Etienne-Benoît Nétien, Maire de Rouen de 1870 à 1876.

Etienne-Benoît Nétien naît à Val-de-la-Haye, en Seine-Inférieure, en février 1820.

A l’instar de Charles Verdrel, il entame une carrière de négociant, dans son cas en vins. En 1859, il entre dans le cercle fermé des « membres résidants » (sic) de la Société Libre d’Émulation du Commerce et de l’Industrie de la Seine-Inférieure, sorte d’antichambre officieuse pour accéder aux postes à responsabilité à la Chambre de Commerce de Rouen, au Conseil général et aux hôtels de ville. Nétien est un produit parfait de cette société bourgeoise et provinciale, avec tout ce que cela sous-entend, ce qui ne l’empêche pas d’être républicain mais franchement modéré.

Début septembre 1870, l’Empereur Napoléon III est sur le point d’être fait prisonnier à Sedan. Le Conseil municipal de Rouen se réunit alors et convient de créer un commission afin de faciliter les prises des décisions difficiles sur les questions de défense de la ville.  Nétien n’en fait pas partie. Lorsque le Conseil se réunit le 4 septembre, après une longue attente de nouvelles, le Président du Conseil municipal annonce une nouvelle provenant du préfet. La voici, racontée par le Journal de Rouen du 5 septembre 1870.

M. le Président a fait connaître que M. le préfet, sur les désignations de l’administration municipale, avait proposé la nomination d’une nouvelle administration municipale, qui serait composée de MM. Nétien, comme maire, Thubeuf, Lefort, Nion, Barrabé, Delamare et Lemasson, comme adjoints. Sur les instances faites par la commission, au nom du conseil municipal, M. le préfet a donné l’assurance que la nouvelle administration serait installée dès le lendemain lundi, fût-ce même à titre provisoire.

La séance est reprise à neuf heures; une lettre adressée, par M. le préfet, à M. Nétien, autorise l’installation immédiate de l’administration nouvelle. M. le maire dit que les circonstances exceptionnelles lui font un devoir de demander au conseil s’il veut installer lui-même la nouvelle administration, qui a besoin de cette sanction, pour être à la hauteur de la mission qui lui incombe. Le conseil déclare à l’unanimité ratifier cette installation. (…)

M. le maire ayant été demandé à la préfecture, la séance est momentanément suspendue. A son retour, il fait connaître les dépêches, qui proclament la République à Paris, et il exprime la pensée que, dans cette situation, une seule mission est à accomplir: protéger les intérêts de la cité.
–  Journal de Rouen, 5 septembre 1870.

Étienne Nétien a cinquante ans et arrive à l’Hôtel de Ville de Rouen.

Paris est menacé par les Prussiens et Gambetta décide de quitter Paris en ballon pour organiser la résistance et les combats depuis le reste du pays. Il atterrit à Amiens et, par train spécial, arrive à Rouen, où il est accueilli, notamment par M. Nétien. Acclamé par la population, Gambetta exhorte les rouennais à résister aux envahisseurs, car il considère que la Normandie serait une base arrière inespérée dans le cas d’un long siège de Paris.

Les Prussiens, eux, continuent d’avancer et parviennent à Rouen en décembre 1870, après la percée de la ligne de résistance à Buchy.

Les combats sont violents et marqués par de nombreux faits d’armes dans toute la Normandie, comme le raconte le site Rotomagus.net.

Cependant l’ennemi avançait toujours ; Rouen, Dieppe, Fécamp, Bolbec tombèrent en son pouvoir. Il allait marcher sur Le havre lorsque ses troupes furent rappelées au nord-est par suite de l’heureuse diversion de l’armée du Nord commandée par le général Faidherbe. Dieppe et plusieurs autres villes furent alors évacuées par les Allemands ; mais ils ne cessèrent d’occuper Rouen, qui fut largement mis à contribution et resta entre leurs mains comme centre d’opérations futures. Après plus de sept mois d’occupation rouennaise, de décembre 1870 à juin 1871, le pays se vit enfin délivré ; mais épuisé par les réquisitions des envahisseurs. Le département de la Seine-maritime avait eu à payer la somme énorme de 14 864 964 fr. 30 centimes.

– Rotomagus.net

La défaite française et l’occupation rouennaise marque profondément de nombreux normands, dont Guy de Maupassant qui, dans Boule de Suif, romance un fait divers local : alors qu’une dizaine de rouennais tente de fuir la capitale normande, un officier prussien bloque leur transport et exige les faveurs d’une des voyageuses…

Le 18 mars, c’est le début de la Commune de Paris. Le 20, Étienne Nétien lance une adresse aux membres de l’Assemblée nationale et du Gouvernement. Cette lettre publique est toujours consultable à la Bibliothèque de Rouen. Voici son contenu.

Adresse de l’Administration et du Conseil municipal aux Membres de l’Assemblée nationale et du Gouvernement. Reproduit par l’auteur.

En mai 1871, l’Empereur Guillaume Ier de Prusse fait savoir aux autorités rouennaises qu’il souhaite passer en revue ses troupes, demandant du coup un hébergement digne de son rang. La réponse de Nétien demeure son principal fait d’armes : «Votre roi est un soldat, je lui donnerai un billet de logement». C’est finalement le Prince Frédéric Charles qui effectue ce passage en revue. A cette occasion, les rouennais couvrent leurs fenêtres de tentures noires.

Étienne Nétien est élu le 2 juillet 1871 en tant que représentant de la Seine-Inférieure à l’Assemblée nationale. Sa notice dans «le Dictionnaire des parlementaires français» relate ses principales décisions au cours de son mandat législatif :

Il prit place au centre gauche et vota pour le pouvoir constituant de l’Assemblée, contre le service de trois ans, contre le septennat, contre la prorogation de l’Assemblée, pour les lois constitutionnelles.

-ROBERT A., BOURLOTON E. & COUGNY G, Dictionnaire des parlementaires français… : depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, Paris, 1891.

Sous son mandat municipal, Rouen fait face à une épidémie de typhus, en 1872. Prenant la suite des travaux d’Ambroise Fleury, Étienne Nétien s’attaque en 1873 à la réhabilitation du quartier Martainville, quartier de drapiers et de teinturiers à l’est de Rouen, le long du Robec et de l’Aubette (les connaisseurs visualiseront facilement…). Au cours d’un rapport à son Conseil municipal, Étienne Nétien donne une bonne idée de l’état de délabrement hallucinant des lieux à cette époque. Dans ce quartier, «la mortalité des enfants, de la naissance à un an, accuse le chiffre effroyable de 79%», explique-t-il.

Durant les années 1861 à 1865, (…) il meurt un habitant sur 48 à l’ouest de la rue de la République jusqu’à la ceinture des quais, mais à l’est de la même rue, il en meurt un sur 24. (…) Dans certaines rues, dans celle du Gril par exemple, infectée par un fondoir de suif, la durée moyenne de vie descend à moins de 14 années ! Or, cette durée, pour toute la population de Rouen, dépasse 34 années !
– NETIEN, E. Assainissement du quartier Martainville, Rapport du Maire au Conseil Municipal, Rouen, Julien Lecerf, 1873.

Parmi les autres grands travaux accomplis sous la mandature d’Etienne Nétien, le Journal de Rouen recense entre autres:

Aménagement des deux nouvelles rues Saint-Vivien et quartier de la Madeleine, exécution de la canalisation et de la distribution des eaux provenant de la source de Fontaine-sous-Préaux, concession du réseau de tramways, constructions de l’église Saint-Clément, du Musée-bibliothèque; restauration de Saint-Vincent, établissement à Saint-Sever d’un réseau d’égouts, contribution de 500 000 fr. pour creuser le chenal de la Seine entre Paris et Rouen.

-Le Journal de Rouen, le 16 janvier 1883.

Il tente sa chance aux élections sénatoriales de janvier 1876, mais il échoue, ne recevant que 326 voix sur 867 votants. Marqué par cet échec, il ne se représente pas à la tête de la capitale normande, quitte la scène politique et meurt à 63 ans, à Rouen, le 14 janvier 1883.

Son camarade de la Société d’émulation du Commerce et de l’Industrie aura quelques mots affectueux pour honorer la mémoire d’Étienne Nétien :

Dans les graves circonstances de l’invasion, quand les malheurs de la patrie livraient, après tant d’autres, notre ville à l’ennemi, M. Nétien [fut] aux prises avec le vainqueur ; et déployant dans cette lutte difficile [ses] vertus vraiment normandes de fermeté et de sang-froid, [il sauvegarda] avec autant de bonheur que de courage les intérêts de la cité. (…)

M. Nétien trouva dans sa fermeté d’âme en face du vainqueur exigeant la fière simplicité de langage d’un homme de Plutarque.

– Discours prononcé à l’ouverture de la séance publique par M. H. Wallon, Président de la Société Libre d’Émulation du Commerce et de l’Industrie de la Seine-Inférieure, 1883.

Sa sépulture, au Cimetière monumental de Rouen, particulièrement pompeuse, veut rappeler l’homme qui tint tête face à l’occupant, ce qui, sans être faux, est peut-être un peu exagéré.

La nécrologie parue dans Le Journal de Rouen le lendemain du décès de Etienne Nétien permet de donner une idée assez claire du personnage qu’incarnait ce maire de Rouen. On y perçoit à demi-mots les opinions moins élogieuses.

L’invasion s’étendait douloureusement en France; chacun le pressentait, la ville de Rouen allait bientôt attirer sur elle un ennemi avide de rançon; tous les efforts de l’administration municipale se concentrèrent sur l’organisation de la défense. Le temps a heureusement fait justice des misérables racontars propagées à cette époque par des adversaires intéressés. Si, en décembre 1870, notre ville ne s’est pas défendue, la responsabilité n’en doit pas retomber sur le maire de Rouen.

La journée à jamais néfaste du 5 décembre créa à la municipalité une situation terrible; plus de travail nulle part; la moitié de la population à nourrir, et cela pendant que l’armée prussienne n’avait d’autre pensée que d’exercer le plus de réquisitions possibles et de rançonner énergiquement la ville.

Ceux-là seuls qui ont vu M. Nétien à l’oeuvre peuvent se rendre compte de l’énergie, du tact et de l’adresse tout à la fois qu’il lui fallut déployer pour nous soustraire en grande partie aux exigences sans cesse renaissantes de l’ennemi.

Ne cédant qu’au moment suprême, protestant contre les violences qui étaient faites, multipliant les pas et les démarches, il montra un patriotisme qui en imposait à l’état-major prussien lui-même.

« Ce diable d’homme, il m’ennuie! » s’était écrié le général Manteuffel, un jour que le maire de Rouen lui était annoncé, « On ne peut rien lui refuser!« 

(…) Il fallait bien céder cependant de temps à autres, il fallait trouver de l’argent si l’on voulait épargner à la ville de grands malheurs, il fallait nourrir la population et payer certaines réquisitions. La municipalité que représentait M. Nétien sut inspirer toute confiance à un certain nombre de capitalistes de la ville. Sur sa simple garantie, et sans qu’une publicité dangereuse donnée à cet emprunt éveillât la cupidité de l’ennemi, on lui confia des sommes considérables qui furent employées avec une économie extrême au mieux de l’intérêt public.

– Le Journal de Rouen, daté du 16 janvier 1883.

Sources :

  • ANCEAU, E., Dictionnaire des Députés du Second Empire, P.U.R., 1999.
  • ARDAILLOU, Pierre, Les républicains du Havre au XIXe siecle au XIXe siècle: (1815-1889), Publication Univ Rouen Havre, 1999.
  • CHALINE, Jean-Pierre, Les grands travaux d’urbanisme à Rouen au XIXe siècle, in Bulletin des Amis des Monuments rouennais, janvier 1975.
  • CHALINE et alii, Dictionnaire des parlementaires de Haute-Normandie sous la Troisième République, 1871-1940, Publication Univ Rouen Havre, 2000
  • DUMOULIN et alii, Autour des morts: mémoire et identité : actes du Ve colloque international sur la sociabilité, Rouen, 19-21 novembre 1998
  • FRERE, Edouard, Manuel du bibliographe normand, Rouen, 1858.
  • NETIEN, E. Assainissement du quartier Martainville, Rapport du Maire au Conseil Municipal, Rouen, Julien Lecerf, 1873.
  • PERRAUD DE THOURY, E. Musée biographique, panthéon universel, Paris,  1856.
  • PESSIOT, Guy, Histoire de Rouen, tome 1, 1850-1900 en 500 photographies, avant l’apparition de la carte postale, Editions PTC, Rouen, 2004.
  • ROBERT A., BOURLOTON E. & COUGNY G, Dictionnaire des parlementaires français… : depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, Paris, 1891. Ouvrage consultable sur le portail Gallica.
  • Pages Wikipedia « Liste des Maires du Havre » et « Liste des Maires de Rouen»  et quelques autres…
  • SIEGFRIED, André, Mes souvenirs de la troisième République : mon père et son temps. Jules Siegfried 1836-1922, Editions du Grand Siècle, Paris, 1946.
  • Rouen Lecture n°60, Décembre 2000.
  • Sites internet: