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London Calling 31e épisode

Des jeunes groupes bizarres, des jeunes groupes matures et des idoles…

Dans le monde de la musique, il y a toutes sortes de groupes: les trop bizarres pour être vrais et ceux qu’on a l’impression d’avoir toujours connu, les groupes qu’on croyait trop bons pour se séparer et ceux trop célèbres pour qu’on arrête d’en parler.

Dans la première catégorie de groupes, celle des trop bizarres pour être vrais, on peut faire rentrer sans trop de soucis le groupe MP4. Leur nom ne vient pas d’un format de compression de leur son: 4 pour quartette et MP pour… Member of Parliament, c’est-à-dire députés! MP4 revendique le fait d’être le seul groupe de rock au monde constitué exclusivement de parlementaires. Mais attention, pas des groupes de caves ou de cocktails, non, non. MP4 peut s’enorgueillir d’être le seul groupe de rock à avoir joué dans la Chambre des Communes, à Westminster. Le nouvel album, intitulé Cross Party, est sorti en mars dernier et fonctionne plutôt bien. Kevin Brennan, du parti Travailliste, est à la guitare et au chant, Ian Cawsey, également Travailliste est à la basse, Greg Knight du parti Conservateur est à la batterie et Pete Wishart, qui provient du Scottish National Party, indépendantiste, est aux claviers. Ce dernier est, tout de même un ancien de Big Country et de Runrig, qui ne sont pas indispensables si l’on n’est pas fan de cornemuse, mais tout de même, quand un groupe effectue quelques premières parties de U2 et de nombreuses apparitions dans le Top 10 britannique, c’est qu’il n’est pas insignifiant.

Si on leur demande si ils n’ont rien d’autre à faire pendant leur temps libre, ils répondent que tous les fonds sont directement reversés à des organisations caritatives, notamment en faveur des soldats et de leurs familles. Pour ceux qui sont intéressés, ils ont réalisé un petit documentaire sur la création de leur album, tout impressionnés qu’ils étaient de se trouver dans le même studio que Pink Floyd, le Britannia Row Studio.

MP4, le documentaire.

Dans les groupes tellement bons que l’on a l’impression de les avoir toujours connu, je voudrais vous citer quelques noms qui sont particulièrement en vogue en ce moment en Angleterre. Le groupe MGMT, par exemple, sort cette semaine un nouvel album que les critiques s’empressent de définir comme très risqué, moins consensuel que le premier, qui avait révélé le groupe il n’y a pas si longtemps. Moins de tubes peut-être, mais un album beaucoup plus abouti et plus cohérent, selon moi. A vous de vous faire votre opinion, il est en écoute sur leur site.

Je pourrais aussi vous citer Mumford & Sons qui passent à Lille le 20 avril et à Bruxelles le 27 avril. Ils viennent du sud de Londres et sont en train de conquérir l’Europe et bien plus loin encore avec une folk-pop qui, si elle n’a rien d’incroyablement original, reste tout aussi efficace et agréable que celle que l’on pouvait entendre il y a 30 ou 40 ans.

Mumford & Sons, Little Lion Man:

La principale actualité musicale de cette semaine restera sans doute la séparation de Supergrass, après 17 ans d’une carrière commencée superbement avec Caught By The Fuzz. Selon le communiqué diffusé le mardi 13 avril, les musiciens ont besoin de continuer à avancer, se séparent en bons termes et remercient tous ceux qui les ont soutenus. Cela nous donne une bien mauvaise raison de procéder à un tour d’horizon loin d’être exhaustif de l’excellente musique produite par Gaz Coombes et ses acolytes. En 1995, il y eût Lenny et en 97, Richard III. En 99, Supergrass publia Pumping On Your Stereo et Moving. En 2002, Grace, en 2005, St. Petersburg, extrait du superbe album Road To Rouen et Bad Blood en 2008.

Un nouvel album devait voir le jour en 2010, avait été reporté au début de l’année 2011. Comme je vous en parlais il y a quelques mois ici-même , les Hot Rats (qui sont devenus entre temps les Hotrats) a pris une place de plus en plus importante dans les agendas du guitariste Gaz Coombes et du batteur Danny Goffey. Que les fans ultimes se rassurent, Supergrass donnera une série de concerts d’adieux qui s’achèvera le 11 juin 2010 à Paris. Et comme dans les cas de Blur et de Suede, il est probable qu’il faille ensuite attendre une petite dizaine d’années avant qu’ils ne se décident à accepter contre un bon chèque une tournée de reformation.

Et enfin, il y a les groupes quasi-divins, dont on parle encore quarante ans après leur dernier album. Ceux-là sont des refuges formidables en temps de crise. Ce n’est pas le Pape Benoît XVI qui nous contredira: selon le Guardian, l’Osservatore Romano, le journal officiel du Vatican, vient de publier un article mettant en avant la grande qualité de la musique des Beatles. Le Vatican avait déjà pardonné John Lennon pour sa phrase sur la popularité de son groupe comparée à celle de Jésus-Christ, mais le Saint-Siège tient à reconnaître, cette fois-ci, la qualité musicale du groupe, posant notamment une question pour le moins saugrenu venant de Benoît XVI: «A quoi ressemblerait la pop music si les Beatles n’avait pas existé ?». Ce à quoi on serait assez tenté de répondre: «A quoi ressemblerait le monde si John Lennon avait été pape ?», mais c’est un autre débat.

A la semaine prochaine !

Victor
via@rtbf.be